Recruter, se faire recruter : tout est une question d’équilibre

La forme
L’apparence
En tant que candidat, ponctualité et vêtements neutres constituent un prérequis.

Le lieu de l’entretien est important
Un bureau fermé entraîne plus de confidentialité. Le fait de demander à ne pas être dérangé pendant l’entretien marque un respect pour le candidat, la volonté de lui accorder pleinement son attention. Il en est de même si le recruteur, précise qu’il attend un appel : le candidat est prévenu, le cadre est posé, la concentration et les parasites sont éliminés, au maximum, au préalable.

La position
- à 2 autour d’une table ronde: cette position interviewer, interviewé est destinée à rendre l’entretien plus convivial, moins normatif.
- chacun d’un côté du bureau du recruteur marque clairement la position, le statut, le territoire, le pouvoir qu’il représente.

La prise de contact
Il s’agit en général d’un moment difficile pour le candidat.


Le non-verbal puis le verbal
Ils vous donnent le ton.

Le verbal et non verbal
Environ 70% de la communication, il s’agit de la façon de se tenir, les expressions du corps et du visage, un regard direct, un sourire, un bonjour, une poignée de main si le recruteur tend la sienne, puis la façon de s’asseoir. Le candidat doit se positionner confortablement et en équilibre, ses mouvements doivent pouvoir être aisés, mais sans désinvolture : pas trop renversé sur le dossier. Vous devez laisser le recruteur entamer l’entretien : il vous reçoit, s’il laisse un silence s’installer, le silence étant de la place pour l’autre, laissez-le s’installer et surtout ne l’interrompez pas pour faire des commentaires sur le temps, la décoration ou l’emplacement du bureau, ce n’est pas l’objet du rendez-vous. Par contre vous pouvez poser la question de la durée de l’entretien qui vous est accordé afin de pouvoir délimiter et structurer votre discours en conséquence.

Toujours sur la forme, sur l’articulation de l’entretien :
1- Ecoutez
2- Reformulez. Vous donnez ainsi au recruteur la possibilité de préciser sa pensée, de rectifier une erreur d’interprétation, vous prouvez votre écoute, et vous gagnez en temps de réflexion (la pensée allant environ 4 fois plus vite que la parole)
3- Appuyez-vous sur les paroles du recruteur pour rebondir et développer. Vous vous sentirez plus à l’aise car vous aurez comme base solide les éléments de son discours.
Au cours de l’entretien n’hésitez pas à faire préciser, à faire répéter.
En fin d’entretien, remerciez puis demander la (ou les) suite(s) possible(s), le délai de prise de décision, qui rappelle, avec qui se passeront les entretiens suivants s’il y en a.
Après l’entretien remerciez par courrier ou par mail et si le poste vous intéresse, confirmez votre candidature en renforçant vos dires par des éléments-clés de motivation fournis par le recruteur lors de l’entretien.


Le fond

Vous devez avoir préparé votre entretien selon 2 phases:
- une phase de recherche sur l’entreprise et/ou le secteur d’activité avec quelques chiffres clés
- une phase de mise à plat de votre parcours avec :
ð La dimension de chaque poste au sein de chaque entreprise = vos responsabilités, ce que vous y avez apporté (réalisations personnelles et initiatives) et ce que cela vous a apporté (résultats réciproques).
ð La dimension relationnelle interne, externe, verticale, horizontale et transversale avec ses intéractions, vos motivations illustrées d’exemples.
ð La dimension globale et les articulations entre chaque poste : pourquoi un changement (causes, raisons, les résultats attendus).
ð La dimension passerelle avec ce qui peut être rapproché en termes d’expériences, de compétences soit par l’activité, le secteur, la responsabilité du poste proposé et de l’entreprise à laquelle il est rattaché.
ð La dimension motivation pour le secteur, l’entreprise, le poste et son évolution possible appuyée par des exemples précis tirés de votre parcours.

Cette préparation structurée et approfondie vous permettra d’être entièrement à l’écoute de votre interlocuteur et d’aller « piocher » dans votre parcours travaillé d’avance pour répondre et proposer.

Le recruteur n’est pas un ennemi, il cherche à mieux vous connaître, à comprendre cohérence et incohérence, à vous projeter dans le poste aujourd’hui avec quels atouts, difficultés, opérationnalités et aussi à comprendre vos capacités d’intégration et d’adaptation dans l’équipe ou les équipes concernées. Il cherchera à mesurer ce que l’entreprise, le service et vous même auront à y gagner : c’est une sorte de mariage dont il va falloir mesurer à l’avance les chances d’harmonie et de développement ainsi que les risques. Un recruteur en prend rarement et, pour cette raison, il a plusieurs niveaux de sélection et ne présentera au décideur, ou co-décideur, que sa short-list avec analyse et conclusions personnelles avant un 2e voire un 3e ou 4e entretien avec des opérationnels ou des acteurs clés de l’entreprise suivant la nature et l’importance du poste.



Brigitte DELMASURE PIARRAT, Consultante